Gisèle Pinsard - Les Quatre potiers

Biographie

Gisèle Favre-Pinsard (1912- 2007)

lilette0012 copieGisèle Favre, fille de Marie thérèse Lanoa (peintre) et Pierre André Favre (peintre et créateur-inventeur) est née en 1912,  à Crosne (Essonne) en région parisienne dans la maison de famille au bord de l’Yerres.

Après ses études secondaires (qu’elle effectue avec Jeanne, future épouse de Norbert  Pierlot – grès de Ratilly) Gisèle suit, dans les années 30, les cours de  l’École du Louvre et  apprend la dorure sur cuir, puis dessine à l’Académie Rançon où elle rencontre Etienne Martin et François Stahly qui deviendra son beau-frère.

En 1936  ses parents, parmi leurs multiples activités artistiques créent dans leur maison de Crosne, un atelier de poterie qui fonctionnera avec deux de leurs filles , Anne et Gisèle, et eux même sous le nom de « 4 Potiers ».

 

La famille fréquente beaucoup d’artistes de la nouvelle génération ; écrivains, musiciens, peintres, architectes, sculpteurs… qui se retrouvaient professionnellement et amicalement et parfois collaboraient, dans une interférence de talents. Dans ces années Art Déco, propices à la créativité mêlant les disciplines; Chez les Favre-Lanoa  se croisent les amis  André Mare ou Jacques Villon avec lesquels ils participent à la création de « la maison cubiste ». Ils fréquentent Darius Milhaud, Fernand Léger et Giacometti, travaillent pour Poiret et Madeleine Vionnet… l’atelier de céramique va fournir bijoux et boutons originaux  aux couturiers de l’époque, en particulier Hermès et Elsa Schiaparelli, ainsi que des poignées de porte, lampes ou carrelages aux décorateurs.

lilette0004 copie

Tour à tour,  les 3 filles Favre développent chacune leur univers artistique : Claude se met à la tapisserie et épouse le sculpteur François Stahly, Anne fonde avec son mari le peintre jean-Claude Dariel un atelier de céramique sous le nom de « poterie de Sophie ». Gisèle, que tout le monde surnomme « Lilette » continue avec sa mère l’atelier des « 4 potiers ».

 

 

lilette0002-0003A cette époque, on distingue peu le travail de la mère de celui de la fille. De façon progressive, Gisèle va affirmer un style personnel. C’est en travaillant pour Primavera, atelier de création des Grands Magasins du Printemps, que Gisèle rencontre son futur mari, l’architecte décorateur Pierre Pinsard qu’elle épousera en 1939.  Celui-ci fournira à l’atelier des « 4 Potiers »  l’occasion de créer des cheminées carrelées, des panneaux décoratifs, des lampes et des chandeliers, et des murs de carrelage émaillé qui intégreront son architecture.

 

Dans les années 40 Pierre et Gisèle s’installent à Paris dans le 13° arrondissement (rue LM Nordmann). Pierre travaille à son compte dans leur appartement tandis que Lilette installe son atelier des « 4 potiers » de l’autre coté de la rue.  Par la géométrisation des volumes, des motifs, la simplification des formes, le recours à des couleurs vives, sa céramique s’inscrit dans la modernité dépouillée du courant.

 

Pendant la guerre, ils déménagent pour une grande maison avec jardin de la même rue, qui permet de regrouper leurs activités respectives et devient la maison familiale du couple qui aura bientôt trois enfants.

maison

Ils sont à leur tour, entourés d’amis et d’artistes de leur génération : Etienne Martin, François Stahly, Charlotte Perriand, Claude Roy, Blaise Cendrars, les architectes André Hermant, Prouvé, Pingusson…

Dans cette agréable et vaste maison, Gisèle passe successivement de l’atelier à la cuisine, où elle réunit chaleureusement famille et convives autour d’une table, de la maison au jardin où elle trouve dans la nature et les plantes l’inspiration pour retourner à l’atelier.

Ainsi, dans les années 50-60 Gisèle poursuit en partie avec sa mère puis seule, la production artistique des 4 Potiers : objets, bijoux, vaisselle et carrelages. D’une facture très particulière, parfois très colorés, ses céramiques et tables carrelées, aussi gaies qu’uniques sont vendues dans des magasins ou à des particuliers.

Les années 70 marquent sa « période bleue » ; toujours de forme simple et fonctionnelle (qu’elle fait tourner ou qu’elle estampe)  sa céramique présente maintenant  exclusivement des dessins bleu sur blanc, soit figuratifs et imaginatifs (personnages, oiseaux, fleurs etc) soit motifs géométriques bien identifiables. Gisèle intègre à ses créations : damiers, lignes, carreaux et petites fleurs dans le renouveau de style « campagne » des métiers d’art de cette époque.

Le couturier André Courrèges et son épouse  lui commandent pour leur maison en pays Basque, la décoration des sols, carrelages et vasque de cuisine, assortis d’une vaisselle au grand complet. Ce sera en quelque sorte l’apogée de sa création.

 

lilette0021 copie

Partagée entre son père, maintenant seul et qui vieillit, l’arrivée de ses nombreux petits enfants, et progressivement empêchée de tenir le pinceau par ses rhumatismes, Gisèle quitte plus souvent son atelier et Paris.

Avant d’arrêter son travail elle initiera un neveu, Etienne Viard,  à sa technique décorative et lui confiera la poursuite de sa production à succès, qu’il développera pour un temps dans le Midi.

 

Elle décède en 2007 en Provence où elle aimait séjourner et où elle repose.

 

P1170442